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11- Avant la Fermeture des Portes : Témoignage Oculaire de la Forteresse du Ministère de l'Intérieur — Ouverte 24h/24


*11- Avant la Fermeture des Portes : Témoignage Oculaire de la Forteresse du Ministère de l'Intérieur — Ouverte 24h/24**

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Avant décembre 1981, **la Forteresse du Ministère de l'Intérieur** à Manama n'était pas simplement une caserne de sécurité ; c'était un lieu historique vibrant et une partie vitale de notre vie quotidienne. Je me souviens clairement comment ses portes restaient ouvertes **24h/24**.

Cette forteresse historique fonctionnait comme une communauté autosuffisante, abritant un supermarché et un hôpital pour ses résidents. En entrant par la porte principale, on trouvait la Direction de la Circulation et des Licences à droite, le supermarché tout droit, et le bâtiment de sécurité à gauche. Nous — sunnites, chiites et Iraniens — vivions comme un seul tissu de sécurité naturelle, n'imaginant jamais qu'il pourrait être percé par la trahison.

La nuit, quand tous les magasins de Bahreïn fermaient, **la Forteresse** était la destination. Son supermarché restait ouvert à tous, avec des citoyens venant de toutes les régions pour acheter leurs besoins en toute paix. Le matin, les bureaux de la circulation étaient bondés ; quand le parking était plein, on se garait dehors et on entrait à pied pour terminer ses démarches parmi les officiers et les employés sans aucune barrière.

Entre ces murs, notre génération a appris à conduire. Les cours de **la Forteresse** étaient l'endroit où nous avons commencé nos leçons de conduite et pratiqué le stationnement en marche arrière. Il n'y avait pas de tension sécuritaire, car la confiance était la loi non écrite.

Dans cette atmosphère, en tant que fils d'un éminent avocat — nommé par le tribunal pour défendre trois des accusés — j'ai examiné les documents de la tentative de coup d'état de 1981 qui a changé le cours de l'histoire. Mon voyage a commencé alors, avant même que j'aie atteint vingt ans. Le destin m'a conduit à comprendre la politique de défense et à observer comment cette sécurité spontanée a été transformée en mesures de sécurité strictes, imposées par une idéologie importée qui cherchait à faire exploser cette « maison ouverte. »

Les actes d'accusation que j'ai lus révélaient une trahison au-delà de l'imagination. Des uniformes militaires identiques à ceux de la police bahreïnie ont été saisis, ainsi que des casquettes portant exactement l'emblème du Ministère de l'Intérieur et des bottes assorties. Le complot visait à exploiter l'uniforme officiel en lequel nous avions confiance, pour infiltrer et occuper **la Forteresse** de l'intérieur.

Malgré la gravité du crime, la justice du système judiciaire bahreïni a brillé à travers les sentences. J'ai accompagné mon père — qu'il repose en paix — pour rendre visite aux familles des trois accusés afin de les informer du verdict. Quand mon père leur a dit que la sentence était **seulement 3 ans**, le père de l'un d'eux a crié sous le choc : *« C'est tout ? Louange à Dieu ! Louange à Dieu ! »*

J'ai alors demandé à mon père : « Pourquoi a-t-il crié 'C'est tout ?' et pourquoi était-il si submergé de gratitude ? » Mon père a répondu : *« Il s'attendait à la peine de mort étant donné l'ampleur de leurs actes. Du choc d'une sentence aussi miséricordieuse, il a perdu le contrôle de lui-même de joie. »*

**À suivre...**

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**Dhafer, fils de l'Avocat Hamad Fahad Al-Zayani**



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